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Tomodachi Automne / Hiver 2019
 

MISE À JOUR

Des îles à la beauté luxuriante défigurées par les déchets plastiques

Libérer le littoral de Tsushima des déchets plastiques

While Tsushima garners attention for its ocean garbage, not all of the islands’ shores are covered with trash. The beauty of Miudahama Beach is a powerful symbol raising awareness of the problem and spurring action.

La région de Tsushima est particulièrement touchée par la pollution marine, même si certains littoraux restent épargnés. La plage de Miudahama, à la beauté intacte, est un symbole fort de la prise de conscience et de l’engagement face à ce problème.

Tsushima Current

La quantité de déchets est telle que les côtes en sont recouvertes.  Au coût élevé du nettoyage s’ajoute l’inquiétude de voir un effet délétère sur les écosystèmes, l’environnement côtier et l’industrie de la pêche.

 
Dr. Ibrahim Assane Mayaki

 S ituée dans la mer du Japon, entre la région de Kyushu, au sud-ouest de l’Archipel, et la péninsule de Corée, Tsushima est un groupe d’îles dont la population s’élève à 30 000 habitants. Ses eaux cristallines en font une destination privilégiée pour les amateurs de pêche et de sports nautiques, et elle s’enorgueillit de posséder sur sa côte nord l’une des plus belles plages du Japon, Miudahama, connue pour son magnifique sable blanc. Le lieu est paradisiaque : des zones de pêche abondante grâce au courant de Tsushima, des montagnes verdoyantes colorant le paysage au gré des saisons et un art de vivre respectueux de la nature depuis des générations. Le spectacle de ces îles et de leurs côtes splendides est encore peu connu, et devrait attirer des visiteurs de plus en plus nombreux à l’avenir.
 Mais hélas, les déchets marins, qui représentent un enjeu mondial, font aujourd’hui partie des préoccupations de Tsushima. Lors du sommet du G20 en juin 2019, les pays présents se sont accordés pour prendre des mesures rapides à l’échelle nationale et inter-nationale, en collaboration avec les acteurs concernés, afin de prévenir et de réduire significativement les déversements de déchets plastiques dans les océans. En outre, le Japon a partagé le concept de Osaka Blue Ocean Vision (« Vision de l’océan bleu d’Osaka »), dont l’objectif est d’empêcher toute augmentation de la pollution par les déchets en matières plastiques d’ici 2050.

Suenaga was born and raised in Tsushima. Presently, he is working on organizing talks on the islands and beyond to inform audiences about Tsushima’s ocean garbage problem.

M. Suenaga est né et a grandi à Tsushima. Il travaille aujourd’hui à l’organisation de débats sur les îles et ailleurs afin d’informer les populations de l’enjeu des déchets marins à Tsushima.

Much of the household garbage dumped into the sea in nearby countries floats over to Tsushima.
Much of the household garbage dumped into the sea in nearby countries floats over to Tsushima.

Une part considérable des déchets ménagers rejetés dans la mer par les pays voisins dérive vers Tsushima.

 

 SUENAGA Michinao, le directeur de Tsushima CAPPA, une association d’intérêt général qui recueille des informations et communique au sujet des efforts déployés par l’île dans la lutte contre les déchets marins, confie : « Dans mon enfance, il n’y avait pas tous ces déchets. L’environnement a beaucoup changé au cours des dix dernières années. C’est très déconcertant parce que, quelle que soit la quantité ramassée, on n’en voit pas la fin. »
 Les déchets portés par les vents saisonniers et les courants océaniques s’amoncellent sur la côte ouest de Tsushima, formant des couches qui s’empilent sur plusieurs épaisseurs. Dans la masse, on distingue des bouteilles et d’autres récipients en plastique, des grands débris de polystyrène expansé et des morceaux de plastique rigide, ainsi que des filets et autres matériaux pour la pêche. On trouve aussi des bouteilles de gaz et des boîtes en plastique renfermant des produits chimiques dangereux, mais également des déchets médicaux tels que des seringues et des ampoules. Les risques que présentent ces objets compliquent d’autant plus les operations de collecte. En outre, il a été constaté que six mois seulement après le nettoyage, le littoral était à nouveau recouvert par la même quantité de déchets.
 Une enquête conduite par la ville de Tsushima a estimé le volume de déchets flottant chaque année au large des îles à 18 000 m3. Sur cette quantité, 50 % du total est composé de plastiques de toutes sortes, notamment de bouteilles PET et de polystyrène. Les étiquettes et autres codes-barres apparaissant sur les déchets révèlent que 85 % des bouteilles en plastique proviennent de pays voisins. L’envergure du problème est telle que le Japon ne peut y remédier seul, et encore moins Tsushima.

Tsushima CAPPA produced the Trunk Museum, which is packed with trash to get children thinking about the problem of ocean garbage.

Tsushima CAPPA a conçu le Trunk Museum, des valises emplies de déchets marins exposées dans les écoles qui amènent les enfants à réfléchir à ce problème.

 L’association Tsushima CAPPA est engagée dans diverses activités, dont la gestion d’un programme de ramassage par une coopérative de pêcheurs et l’établissement d’un pro-gramme éducatif visant à sensibiliser les élèves du primaire et du secondaire de la région à la situation. L’association note que les entreprises japonaises encouragent de plus en plus leurs employés à venir visiter les îles et participer au nettoyage des littoraux dans le cadre de leur formation. M. Suenaga explique : « Naturellement, nous préférerions vanter la beauté de Tsushima, mais pour l’heure, je pense qu’il est important d’informer les gens de ce qu’il se passe sur nos côtes. » Afin d’attirer l’attention sur cet enjeu, les amoureux de Tsushima poursuivent leur combat, en dépit de l’absence de réaction des pays à l’origine du problème.